L’AMIF aux côtés de l’AMF : Entretien avec Stéphane Beaudet, Président de l’AMIF

© publié sur «Objectif Grand Paris Magazine» le 17/09/2015

Le 19 septembre, l’Association des Maires de France (AMF) organise une journée nationale d’action pour mobiliser élus et citoyens sur les conséquences de la baisse de 30 % des dotations allouées aux communes par l’État, d’ici à 2017.
Pour l’AMF, cette journée doit être l’occasion pour tous les élus d’aller à la rencontre de leurs électeurs, afin d’engager les citoyens à soutenir la pétition. Les évènements organisés pour les Journées du patrimoine, qui ont lieu à la même date, devraient faciliter les échanges.

Afin d’assurer la mobilisation en Île-de-France, l’Association des Maires d’Île-de-France (AMIF) a fortement diffusé cet appel sur son territoire. Les citoyens connectés pourront prendre connaissance sur les réseaux sociaux de témoignages de maires, toutes tendances politiques confondues, de zone rurale ou urbaine.

Stéphane Beaudet, Président de l’Association des Maires d’Île-de-France (AMIF), Conseiller régional et Maire de Courcouronnes (Essonne).

Les raisons de votre adhésion à l’appel de l’Association des Maires de France ?

Au même titre que l’ensemble des élus, les membres de l’AMIF subissent la baisse des dotations de l’État. Bien entendu, les services publics locaux de première nécessité sont mis à mal. La réalité de cette baisse, il faut que nous l’expliquions aux habitants. Ce sont les cantines, les crèches et les transports communs qui vont être touchés.

Concrètement, que pouvez-vous attendre de cet appel ?

Inutile de se faire des illusions, les dotations vont durablement baisser. Les élus doivent gérer différemment, être pédagogues, nous l’avons tous bien compris. Mais une baisse aussi conséquente et aussi rapide n’est pas facilement “digérable” pour les communes. Le gouvernement devrait l’intégrer. C’est un travail de longue haleine que de baisser les contrats des villes. Ce travail doit se faire sur des années. À Courcouronnes, j’ai mis six ans à réduire les contrats de 20 %. On ne peut pas le faire brutalement. Dès lors, on peut s’interroger sur l’objectif du gouvernement : veut-il aboutir à une fusion des communes ? Il doit être plus transparent…

À l’échelle du Grand Paris, cette baisse des dotations a-t-elle des conséquences spécifiques ?

La problématique reste la même. La différence de gestion des baisses de subventions variera selon les villes riches et les villes pauvres, celles qui auront du temps pour absorber cette baisse, celles qui en auront moins… La situation devient vite schizophrénique au niveau des compétences. Si celles-ci sont renvoyées à l’intercommunalité, comment défendre l’intérêt communal ? Et comment exercer sa mission d’élu ? L’appel du 19 septembre, c’est aussi cela, rappeler et souvent apprendre aux citoyens que sur 524 000 élus, nous sommes 80 % de bénévoles.

Propos recueillis par Laetitia Sellam

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