Opération #mairesnovateurs : Mathieu Monot

MathieuMonot2ElusnovateursFevrier2019L’élu novateur du mois

Mathieu Monot

Mathieu Monot est Adjoint au Maire délégué à la Démocratie Locale, la Qualité de l’Espace Public, Travaux et Politique de la Ville de Pantin (93).

Comment avez-vous mis en place le budget participatif à Pantin ?

Cela faisait plusieurs années que nous engagions des concertations régulières de la population pantinoise, notamment sur des projets d’aménagement. Nos outils se sont améliorés au fil des exercices répétés (lettre T, rencontres sur l’espace public, présence aux sorties d’école, sur les marchés…) si bien que la participation des habitants s’est accrue.

En 2017, avec Bertrand Kern, le Maire de Pantin, nous étions persuadés que la ville et ses habitants étaient prêts à franchir un nouveau cap en terme de participation… et se lancer dans l’aventure du budget participatif !

Mettre en place ce dispositif, c’est d’abord une histoire de volonté politique… et il m’a fallu emporter les scepticismes légitimes. C’est accepter que la décision puisse être partagée avec le plus grand nombre. C’est ensuite une modification des pratiques administratives de la collectivité, où l’on sort des silos habituels.

À Pantin, quels sont les projets qui illustrent le mieux l’engagement dans la participation citoyenne ?

Nous avons 8 projets lauréats, à l’issue de cette première saison du budget participatif. Difficile d’en démarquer l’un plus que l’autre !
Nous avions mis à la disposition de chaque porteur de projet des tracts leur permettant de mener campagne. Pas un marché de la ville n’a échappé à cette campagne participative. Nous l’avons ressenti dans les chiffres : 4 089 votants pour une première année !

C’est 7,43% des 55 000 Pantinois… quand Paris de dépassait pas les 3% dans ses premières saisons !

Quel est le profill des participants à la concertation ?

On retouve dans le profil des participants la pyramide des âges de la ville. Cela s’est traduit dans les résultats : les deux premiers projets lauréats concernent d’une part nos enfants et d’autre part nos aînés. Nous travaillons déjà, dans la préparation de la saion 2, à de nouvelles manières de susciter la participation.

Quelles ressources et contraintes avez-vous rencontrées pour mener à bien les budgets participatifs ?

Pour cette première, nous avons su franchir toutes les portes. La petite équipe de la démocratie locale de Pantin et le service Communication y sont pour beaucoup !
Nous avons convenu ensemble qu’une période d’étude technique des projets déposés plus longue était nécessaire.

Cela devrait encore davantage permettre d’impliquer les autres services.

Quels sont les principaux obstacles rencontrés, les leviers identifiés pour les surmonter ?

Votre question dépasse les cadres du budget participatif. Elle renvoie à la place accordée à la démocratie locale dans les collectivités

À Pantin, avec Bertrand Kern, nous avons fait le choix de lier ” démocratie locale ” et ” qualité de l’espace public ” dans une même délégation… et dans un même département administratif. Cela change tout !

Comment voyez-vous l’évolution de la concertation citoyenne et les budgets participatifs ?

C’est un outil d’avenir… la progression annuelle des budgets participatifs le montre !
D’une manière générale, je crois que la ville de demain sera surtout citoyenne. Après le temps des élus ” bâtisseurs “, je pense qu’est venu le temps des élus ” concertateurs “.

Démocratie participative et démocratie représentative doivent ainsi se nourrir l’une de l’autre… À nous d’inventer de nouvelles formes de consultation et d’associations des habitants !

MathieuMonotElusnovateursFevrier2019